"Un monde sans utopie c'est un monde dont le regard est tourné vers le passé" - Enzo Traverso

samedi 28 mai 2016

Notre-Dame-des-Landes, consultation du 26 juin 2016 en Loire Atlantique : On a tous une bonne raison de voter NON !


La Coordination des opposants (plus de 50 groupes - associations, collectifs, syndicats et mouvements politiques) a décidé, après discussion lors de sa réunion exceptionnelle du 31 mars 2016, de dénoncer haut et fort la mascarade que représente cette consultation mais d'appeler aussi les citoyens à aller voter massivement NON pour ne pas laisser le champ libre aux porteurs du projet. 

La Coordination a toujours su s'adapter et réagir aux différentes turpitudes de ce dossier, aussi bien sur le terrain que sur les volets juridique et politique. Les fortes mobilisations de janvier et février 2016 autour de Nantes ont démontré la détermination et la cohésion de l'ensemble du mouvement. 

"Halte à la division. tous ensemble, nous pouvons, nous devons gagner!", par Solidaires 44


L'Union syndicale Solidaires de Loire-Atlantique dénonce l'interdiction de manifester dans le centre-ville de Nantes ( pour la 2ème fois après celle du jeudi 19 mai. Ces interdictions, qui commencent à faire système, sont une réelle et très grave atteinte à un droit démocratique essentiel, garanti par la Constitution : celui de manifester! 

La manifestation qui a réuni plus de 3000 personnes a bravé cette interdiction, et a réussi à se dérouler pendant 1h30, comme le jeudi 19 mai. A nouveau, les forces de l'ordre ont bloqué tous les accès menant au Centre Ville de Nantes, obligeant la manifestation à se diriger vers l'île de Nantes, sans la moindre possibilité de se dégager de la nasse mise en place par le Préfet. 

Rennes : "Soyons fiers de ce que nous avons fait depuis deux mois et demi". Entretien avec Hugo Melchior


Notre camarade Hugo Melchior est l'un des animateurs en vue du mouvement sur Rennes. Il a été victime d'une mesure d'interdiction de manifestation. Il a bien voulu répondre longuement à nos questions et tirer un premier bilan de 2 mois et demi de lutte, au moment où se met en place un comité de soutien à toutes les victimes de la répression.

Hugo, peux-tu nous expliquer pourquoi le Préfet t'a interdit l'accès au centre-ville de Rennes pendant 15 jours et comment as-tu réagi ?

Valls dégage, la loi travail on n'en veut pas, par Ensemble!


300 000 personnes ont manifesté le 26 mai pour le retrait de la loi travail à l'appel de l'intersyndicale et des organisations de jeunesse. C'est un succès. 

« Ensemble! » dénonce les violences policières et les arrestations arbitraires qui ont eu lieu aujourd'hui à Paris et dans plusieurs villes. 

La montée en puissance des blocages, des barrages, de la grève dans des secteurs névralgiques de l'économie, comme les raffineries, les dépôts de carburant, les ports, les transports, les centrales nucléaires et thermiques fracture la cohésion gouvernementale. En cause, l'article 2, celui qui est la charpente du texte de loi puisqu'il institue l'inversion des normes et donc le dumping social. 

vendredi 27 mai 2016

« Valls veut substituer la question de l’identité à la question sociale ». Entretien avec Clémentine Autain




Depuis plusieurs mois, une polémique oppose Manuel Valls à Clémentine Autain, porte-parole du mouvement de gauche radicale Ensemble, à propos de l’islamologue suisse Tariq Ramadan. Actuellement en visite en Israël et dans les territoires palestiniens, le premier ministre est revenu dimanche 22 mai sur le sujet, dénonçant, dans une interview à Radio J, « l’islamo-gauchisme », « ces capitulations, ces ambiguïtés avec les Indigènes de la République, les discussions avec Mme Clémentine Autain et Tariq Ramadan, ambiguïtés entretenues qui forment le terreau de la violence et de la radicalisation ». A la suite de ces propos, la conseillère régionale d’Ile-de-France a menacé, «sans excuse » de la part de M. Valls, de porter plainte . Elle s’explique.
 
Non seulement Manuel Valls ne s’est pas excusé dimanche, mais il a fait état dans la soirée, sur BFM-TV, de « conversationsétranges » entre M. Ramadan et vous. Allez-vous porter plainte ?

mercredi 11 mai 2016

Amplifier la mobilisation : face au déni de démocratie !, par CGT, FO, FSU, Solidaires, UNEF, UNL, FIDL


Alors que les salarié-es, les jeunes, les privé-es emploi, les retraité-es sont mobilisés depuis plus de 2 mois pour le retrait du projet de loi travail et l’obtention de nouveaux droits, alors que l’opinion publique reste massivement opposée à ce texte, le gouvernement décide de passer en force en utilisant le 49.3. Inacceptable ! 

Ce sont les mobilisations qui ont contraint le gouvernement, à proposer des modifications au projet de loi pour tenter d’en minimiser les impacts. Le compte n’y est toujours pas ! 

mardi 10 mai 2016

Non au passage en force ! Non au 49.3 !


Le débat à l'Assemblée nationale tourne court. Le gouvernement a autorisé M. Valls à utiliser le 49.3. 

La répression et les violences policières à l'égard de jeunes, de syndicalistes ou de simples manifestantEs, a montré que le gouvernement avait peur de la mobilisation populaire, de la convergence des luttes et des colères. 

Affaire Baupin : la violence sexiste est forte en politique. Elle fait partie du quotidien, par Clémentine Autain


Le mouvement de libération de la parole des femmes victimes de violences sexuelles est en marche. L’enquête de Mediapart, en partenariat avec France Inter, brise une nouvelle fois le silence avec la mise en cause du député Denis Baupin. Les huit témoignages de femmes ayant subi les assauts sexistes du député sont édifiants. Le caractère collectif de cette dénonciation permet une prise de conscience salutaire. 

"L’affaire Baupin" soulève la chape de plomb qui pèse sur la réalité, l’ampleur, les mécanismes du harcèlement et des agressions sexuelles. Elle révèle la prégnance du machisme dans le monde politique. Elle ouvre les yeux sur ce que toutes les femmes qui évoluent dans cet univers de pouvoir savent, connaissent, subissent. Ce n’est pas un hasard si le dernier roman à succès d’Olivier Adam, "La renverse", dépeint un climat politique délétère dans lequel s’imbriquent avidité de pouvoir et violence sexuelle, en toute impunité.

lundi 9 mai 2016

Loi Travail: le 49.3, une arme contre la démocratie, par Noël Mamère


Je ne sais si, in fine, le pouvoir utilisera le 49.3 pour passer en force ou s’il en restera à une menace pour forcer la main aux députés frondeurs. Rappelons que Manuel Valls, avant même que soit connu le contenu effectif de la loi, avait revu une interview de la ministre du travail, à « l’insu de son plein gré », pour faire planer la menace d’utilisation de cette arme constitutionnelle de la monarchie présidentialiste. 

PCF : l'ère des incertitudes, par Roger Martelli


En adoptant à une courte majorité le texte de la direction, c’est un Parti communiste aux effectifs réduits et plus divisés qui se présentera à son Congrès dans moins d’un mois. Analyse de ses variations numériques et politiques depuis dix ans.




Les militants communistes ont voté la semaine passée pour décider du texte qui servirait de base à la discussion de Congrès de juin prochain. Comme de coutume, le document proposé par la direction sortante a été choisi par une majorité de ceux qui se sont prononcés. Mais, cette fois, il n’a obtenu la majorité absolue que pour quelques centaines de voix.

Une jeunesse sacrifiée et qui le sait, par Guillaume Liégard


Une récente enquête, peu médiatisée, établit l’ampleur de la désespérance politique chez les 18-25 ans. Sentiment d’abandon, progression de l’abstention et des intentions de vote FN : c’est un feu qui couve dans la jeunesse. 

C’est une enquête qui aurait mérité de faire la une de tous les grands médias. Réalisée par l’Ifop pour le compte de l’ANACEJ (Association nationale des conseils d’enfants et de jeunes), elle n’a donné lieu qu’à des commentaires sur le volet des intentions de vote des 18-25 ans à la prochaine élection présidentielle. 

Notre-Dame-des-Landes : les raisons pour lesquelles l’ACIPA refuse de rencontrer Monsieur Leyrit, président de la Commission Nationale du Débat Public, ce lundi 9 mai


Monsieur le Président, 

Comme nous vous en avons informé par courriel vendredi, le bureau de l'ACIPA a décidé de ne pas donner suite à votre proposition de rencontre. Et nous tenons à vous en préciser les raisons. 

Nous avons pris part au débat public de 2003, puis à l'enquête publique de 2007 ainsi qu'à l'enquête loi sur l'eau de 2012. A chaque fois, nous avons étudié le dossier, pointé ses insuffisances et ses incohérences, proposé des alternatives. En vain. 

dimanche 8 mai 2016

Religions : je persiste et signe, par Michel Warschawski

Même si j’ai porté la kippa pendant les vingt premières années de ma vie et pratiqué tous les commandements de la Torah, y compris les plus futiles, je suis aujourd’hui un athée qui mange à Kippour et adore la côte de porc. A la synagogue je ne vais que pour des fêtes de famille, et mon enterrement se fera hors des rites et des cimetières juifs. 

J’ai cependant développé une véritable allergie aux laïcards français. Je spécifie français parce que c’est une maladie typiquement hexagonale, et je ne pense pas qu’en Grande Bretagne, par exemple, il y ait moins d’athées ou d’agnostiques qu’en France, mais ils sont, pour la plupart, exempts de cette haine du religieux. 

Eh oui, même si je collabore à Sine Mensuel et aime beaucoup Bob, je suis loin de partager leur haine des religieux. 

vendredi 6 mai 2016

Lettre ouverte à la rédaction du quotidien Ouest-France, par un collectif de sociologues nantais atterrés



L’article intitulé « Comment Nantes Révoltée donne le ton des manifs » paru dans Ouest-France le 3 mai 2016 a profondément choqué de nombreux acteurs du mouvement nantais de protestation contre la réforme du Code du travail (éd. Nantes, p. 9). Il a également courroucé les quelques observateurs qui, comme nous, le suivent avec assiduité, y compris en amont des manifestations elles-mêmes. 

En effet, cet article très faiblement étayé par des faits précis et vérifiés sombre clairement dans la diffamation à plusieurs reprises.

mercredi 4 mai 2016

Alain Supiot: «La loi El Khomri attise la course au moins-disant social»



Alain Supiot, éminent spécialiste du droit du travail, revient sur le contexte qui a permis à la loi sur le travail de la ministre Myriam El Khomri d'éclore et à la critique du code du travail de prospérer : le calcul économique, devenu l'alpha et l'oméga de la production du droit. « Les hommes ne peuvent être réduits à l’état d’un troupeau productif », rappelle l’artisan du concept « des droits de tirage sociaux ». Entretien.



Alain Supiot a hésité, longuement, avant de nous accorder cet entretien. La peur de rajouter du « bruit » au bruit. La peur également que l’on ne se focalise sur sa critique (acerbe) de la loi sur le travail, en dépit de son analyse plus large de la production du droit, soumise désormais à des impératifs de « calculs économiques », cette « gouvernance par les nombres » détaillée dans l’ouvrage du même nom publié en février 2015. Sauf qu’Alain Supiot est l’artisan en France du concept « des droits de tirage sociaux », prémisses de toute une pensée nouvelle sur le travail et la sécurisation des parcours, dont le compte personnel d’activité contenu dans la loi El Khomri est un lointain cousin. Et qu’il est l’un des meilleurs spécialistes du droit social et de la théorie du droit, juriste au sein de la chaire État social et mondialisation du collège de France.