"Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître, et dans ce clair-obscur surgissent les monstres" - Antonio Gramsci

mardi 3 mars 2015

Dans le bras de fer avec l'UE et ses institutions, solidarité avec le peuple grec et son gouvernement !, par Ensemble!


1- La victoire électorale historique de Syriza le 25 janvier 2015 et les premières déclarations et mesures progressistes annoncées par le nouveau gouvernement grec ont suscité un espoir immense et un soutien massif du peuple grec et de toutes les forces de gauche en Europe. Elle confirme le choix du peuple grec de rejeter massivement les politiques d'austérité menées jusque-là par les partis appliquant les exigences de la Troïka et d’en finir avec la politique xénophobe du précédent gouvernement. 

Une opportunité historique 

2- Pour la première fois en Europe, s'organise dans un pays une contre-attaque contre les politiques néolibérales. L'arrivée de Syriza a été un signe d'espoir pour tous ceux et celles qui subissent ces politiques d'austérité en Europe. Sa volonté d’inscrire son combat dans celui que les peuples d’Europe mènent contre l’austérité ouvre la voie à une refondation de l’Europe.

Grèce : quelles réalités, quels espoirs ? Entretien avec Roxane Mitralias par Charles Michaloux

Membre de SYRIZA, Roxane Mitralias est également militante du Comité pour l'Annulation de la Dette du Tiers Monde (CADTM) 
Charles Michaloux est animateur de la Société Louise Michel et militant d'Ensemble! 

https://www.youtube.com/watch?v=ucpHL8rtUMM 


https://www.youtube.com/watch?v=fXPWMY66o3E

lundi 2 mars 2015

Grèce : "l’autogestion est le verrou de la situation actuelle", entretien avec Pierre Zarka


Dans une intervention récente à Ensemble! tu déclarais : « Nous sommes au pied du mur sur quelques questions d’orientation qui, mises ensemble, forment un verrou de la situation. […] Nous avons l’obligation d’une démarche autogestionnaire. Il y a un lien : si on doit affronter le capital directement, la question « où trouver la force de le faire ?» devient primordiale. À mon sens, le silence actuel du Front de Gauche est moins dû à tel ou tel qu’à l’esquive devant la nécessité de sortir de modes politiques qui ont largement fait leur temps. » Ces remarques font largement référence à l’autogestion. Il est donc important de revenir sur cette question. Que signifie l’Autogestion pour toi ? Un mot vague, un projet de société, une stratégie de lutte ?

Pierre Zarka : L’autogestion n’est ni un mot creux, ni un mot vague, ni un mot vide. C’est un mot avec deux sens, deux significations intimement liées. Chacun ne peut prendre sa part dans une lutte pour un projet de société que s’il participe et maîtrise l’élaboration du projet qui le concerne. Que si sa conception qu’il a de son propre rôle est une part de ce projet et du désir collectif. Pour reprendre la question « projet de société ou stratégie de lutte » l’autogestion c’est les deux à la fois. Car on ne change pas le cours d’un processus une fois qu’il est lancé. Ou on part du bon pied, ou on ne part pas du tout. Si on ne se voit pas soi-même comme une part décisive de ce désir collectif, on n’y adhère pas. On n’adhère pas (ou plus) à un projet pensé en dehors de soi. 

B. Nemtsov assassiné, des dizaines de milliers de manifestantEs à Moscou


Par dizaines de milliers, les moscovites sont descenduEs dans la rue en mémoire de Boris Nemtsov, assassiné à deux pas du Kremlin. Mais manifestation aussi pour dénoncer un climat de peur qui s'empare d'une société où le nationalisme règne assimilant l'opposition à V. Poutine à la trahison. 

Ancien vice-premier ministre de Boris Eltsine, c'était un adversaire résolu du président russe et de son régime autoritaire, corrompu et dangereux pour tous ceux et toutes celles attachéEs à la liberté d'opinion et d'expression. B.Nemtsov avait été un des organisateurs des manifestations, en 2011 et 2012, contre la nouvelle candidature de Poutine à la présidentielle. 

dimanche 1 mars 2015

La Grèce résiste au rouleau-compresseur de l’Union européenne, par Gérard Filoche

 

La réunion de l’Eurogroupe (les 19 ministres des Finances des pays de la zone euro), le 20 février, s’est terminée par un accord qui fixait les modalités pour que puisse se poursuivre l’aide de l’Union européenne à la Grèce.

Cette aide était conditionnée à l’acceptation d’une liste de « réformes » que le gouvernement grec devait s’engager à mettre en œuvre. Cette liste devait, dans un premier temps, recevoir l’aval (par téléconférence) de l’Eurogroupe. Elle devait, ensuite, être acceptée par les différents parlements des États de la zone euro qui seront consultés, notamment le Bundestag. Elle devait, enfin, être acceptée, fin avril, par les différentes institutions européennes concernées : Commission, BCE, Conseil des chefs d’États et de gouvernements.

samedi 28 février 2015

L'autre appel de Manille, par Maxime Combes (ATTAC) et Nicolas Haeringer (350.org)


Maxime Combes (Attac) et Nicolas Haeringer (chargé de campagne pour 350.org) ont rédigé cette version de l'Appel de Manille, que Marion Cotillard, qui fait partie du voyage présidentiel aux Philippines jeudi 26 et 27 février, aurait pu lire... 

Mesdames, messieurs, 

C'est un immense honneur, pour moi, Marion Cotillard, de partager avec vous cet appel de Manille. À quelques mois de la conférence de Paris sur les changements climatiques, il a vocation à marquer l'engagement de l'ensemble des chefs d'États et de gouvernement. Un engagement résolu et indispensable pour des mesures courageuses afin d'inventer un futur vivable. Cet engagement doit notamment être le vôtre, Monsieur le Président Hollande. Vous avez là, en tant qu'hôte de la conférence des Nations Unies de Paris, une occasion unique de jouer un rôle historique. 

Si j'étais à votre place, si un réalisateur décidait de me mettre au générique de la Conférence de Paris à votre place, voici le discours que je tiendrais. 

vendredi 27 février 2015

Violence policière homophobe en marge de la manifestation du 21

 
C’est après avoir quitté la manifestation contre les violences policières du samedi 21 février 2015 que Thomas, membre du collectif Queer FarnaüM T.P.G.B. Féministe non-violent a été victime de violence, humiliation et homophobie de la part de personnes dépositaires de l’autorité publique. 

Contrôles d’identités à répétition pour finir par humiliation et homophobie. 

Thomas et plusieurs membres du collectif se sont retrouvés une heure avant pour aller à la manifestation ensemble. C’est là que nous avons subi le premier contrôle d’identité avec fouille au corps, bien avant la manifestation. Dix minutes après, nous étions loin du cortège, rebelote ! 

Deuxième contrôle d’identité par des gendarmes mobiles, qui lisent nos pancartes (« les pédales contre le capital », « quand les goudous se braquent range ta matraque ») avec un sourire moqueur. Nous rejoignons le cortège. Pendant la manifestation, pas de heurts, pas de violence ni de contrôle. Uniquement des slogans, des pancartes, des fumigènes, des personnes de tous âges et de tous genres. Une belle manifestation à la fin de laquelle chacunE repart de son côté. 

jeudi 26 février 2015

« Il faut stimuler les processus d’auto-organisation » - entretien avec Teresa Rodríguez, candidate de Podemos à la Junte d'Andalousie


Provoquée par le PSOE, qui à la tête de la region, à cause d'un désaccord avec son partenaire IU, l'élection de la région Andalousie a lieu le 22 mars. Teresa Rodriguez y conduit la liste de PODEMOS (lire aussi le portrait de Teresa Rodriguez sur notre blog internationaliste http://lesalternatifs.blogspot.fr/)

Pablo Elorduy : Pourquoi penses-tu que le changement soit nécessaire en Andalousie ? 

Teresa Rodríguez : La situation de vulnérabilité réside dans le fait que la crise et les effets de l’ajustement néolibéral ont eu en Andalousie des conséquences plus dures que dans d’autres régions. Actuellement l’Andalousie est la Communauté autonome qui a le plus de pauvre en Espagne, un million de personnes se trouvent en situation de pauvreté sévère. C’est la région qui a le chômage le plus élevé de l’Union européenne. Ce que nous vivons au cours de ces mois, c’est la possibilité imminente d’un changement réel.

mercredi 25 février 2015

Un Syriza à la française est-il possible ?, par Guillaume Liégard (Regards)


La "révolution" politique qu’incarne Syriza depuis sa prise de pouvoir suscite un espoir qui se confronte, en France, au constat de tout ce qui nous sépare d’un tel scénario. Que faudrait-il pour qu’il advienne ici, fût-ce sous une forme différente ? 

 La victoire de Syriza, les premiers pas du gouvernement Tsipras ont soulevé un immense espoir qui dépasse largement les frontières grecques. Pour la première fois, un parti authentiquement de gauche a remporté les élections dans un pays de la zone euro et entend, dans un contexte ô combien difficile, appliquer son programme. 

mardi 24 février 2015

Notre Dame des Landes : nous plantons, ils se plantent !


Nous, paysan-ne-s, associations, élu-e-s, occupant-e-s de la ZAD, naturalistes en luttes, réaffirmons notre détermination à mener à leur terme l’ensemble des combats que nous avons engagés contre le projet d’aéroport, que ce soit sur le plan juridique ou sur celui de la résistance sur le terrain. 

Le gouvernement s’est engagé l’an dernier à ne pas « débuter les travaux avant l’épuisement de tous les recours juridiques déposés». Son premier ministre préjuge depuis plusieurs semaines que ces recours seront perdus : il avance de manière répétée que les travaux démarreront quoi qu’il arrive au second semestre 2015. Il revient ainsi sur les engagements pris en laissant entendre qu’il n’attendra pas effectivement l’épuisement des recours, qui est pourtant censé inclure l’ensemble des appels et pas seulement le passage en premier instance. 

Sanofi : transfert de PDG à 4 millions d'€


Alors que les rémunérations des salariéEs sont bloquées depuis plusieurs années, que ceux/celles de l'usine de Sisteron luttent pour une augmentation de 1,50 €, contre les 50 centimes concédés par la direction; qu'en Côte d'Or, à Quetigny, les employéEs ont fait grève pendant plusieurs semaines contre la vente pure et simple de leur entreprise, le pont d'or fait à Olivier Baudricourt, qui prendra ses fonctions de Directeur général en avril, est scandaleux et indécent. Lui sont d'ores et déjà garantis : 4 millions d'€ au titre du « golden hello », selon l'expression consacrée, plus entre 3 et 4 millions de salaire annuel et 220 000 € de stock-options. 

lundi 23 février 2015

Appel commun CGT, FO, Solidaires à une journée nationale de grève interprofessionnelle jeudi 9 avril prochain


Combattre et réduire le chômage, permettre la création d’emplois en changeant de politique économique, préserver les droits et tous les régimes sociaux, garantir et promouvoir le service public, augmenter les salaires (secteurs public et privé), les retraites, les pensions et les minimas sociaux, constituent des priorités sociales, de surcroit en période de crise. 

Réunies le 17 février 2015, les organisations syndicales CGT, FO et Solidaires affirment leur détermination pour faire aboutir ces revendications et lutter contre l’austérité et ses impacts destructeurs tant socialement, économiquement que démocratiquement. 

 Le « pacte de responsabilité », la rigueur budgétaire, la réforme territoriale, nombre de dispositions du projet de loi libérale « Macron » ainsi que plusieurs décisions des pouvoirs publics et du patronat aggravent la situation des salarié(e)s, des retraité(e)s et des chômeurs(ses). 

La Grèce sur le fil du rasoir, par Pierre Khalfa

Il me paraît trop tôt pour porter un jugement définitif sur l'accord conclu vendredi entre la Grèce et l'Union européenne puisque c’est lundi que le gouvernement grec fera connaître la liste des réformes qu’il propose. C’est à ce moment là que le texte signé prendra toute sa signification et c’est à ce moment que nous verrons si la politique d’austérité continue ou pas. 

De ce point de vue, le texte du communiqué est ouvert et indique que le processus de réforme a pour but, notamment, de "permettre la justice sociale" (« enhancing social fairness »). L’affrontement n’est donc pas terminé. 

Sur le reste, le gouvernement grec a été effectivement obligé de céder sur un certain nombre de points majeurs. Le plus important, de mon point vue, est le fait que soit maintenu, pour permettre le remboursement intégral de la dette que le gouvernement grec a accepté, l’objectif d’un excédent primaire de 4,5 % du PIB en 2016, même si l’objectif de 2015 (3 %) pourra être réévalué en fonction des circonstances économiques. Se fixer comme objectif un excédent primaire de cet ampleur ne peut qu’entraîner des politiques d’austérité drastique. On voit mal le gouvernement grec s’engager dans cette voie. 

Retour de la crise politique,par François Calaret


L’usage précipité du 49.3 par Manuel Valls pour imposer l’adoption du projet de loi Macron à l’Assemblée Nationale a fait l’effet d’un véritable coup de tonnerre. Encore une fois, « rien ne se passe comme prévu » comme le répète François Hollande... 

Les astres semblaient pourtant bien alignés pour le gouvernement. L’exécutif, bénéficiant d’un léger regain de popularité, instrumentalisait à plein « l’esprit du 11 janvier » pour affaiblir l’opposition à sa politique. Même l’élection partielle du Doubs avait permis de conserver un siège de député pour le PS. La contestation interne au sein de celui-ci apparaissait partiellement maitrisée grâce à l’habileté manœuvrière de Cambadélis… 

En quelques heures, tout s’est écroulé. Et le pouvoir socialiste a révélé sa faiblesse profonde, son incapacité à rassembler une majorité de députés pour approuver sa politique libérale. 

Gilbert Marquis, mon père… , par Serge Marquis


Notre camarade Gilbert Marquis est décédé le 5 février dernier. Nous vous invitons à lire ci-dessous le bel hommage qu'a rédigé par son fils Serge, ainsi que la tribune que Mohamed Harbi a donné au journal le Monde et l'article que lui consacre Robi Morder sur le site de l'association pour l'autogestion.

"Mon père vient de s’éteindre à l’âge de quatre-ving-quatre ans à Paris. Il était l'un des derniers survivants d'une histoire qui se confond avec les soixante dernières années du trotskysme français. Et plus particulièrement avec celle d’un courant politique : le « pablisme ».