"Agis dans ton lieu, pense avec le monde". Edouard Glissant

mercredi 7 décembre 2016

Il faut un ultimatum humanitaire pour Alep, par Marcel Bozonnet, Jack Ralite et Emmanuel Wallon


Jusqu’au dernier moment, les plus de 250.000 civils pris dans la nasse d’Alep auront espéré que leurs appels au secours rallumeraient une étincelle de conscience chez les moins blasés des Européens qui assistent en direct à leur agonie. 

Revenu à Paris pour faire entendre leur supplique, après sa visite à l’Assemblée nationale et à l’Élysée des 18 et 19 octobre en compagnie du président des « Casques blancs » syriens, Brita Hagi Hasan, le « maire » d’Alep-Est (président du conseil local de la ville, élu par soixante-trois comités de quartier en décembre 2015) n’exige nullement l’impossible. 

Alep assassinée ! Le massacre continue, le monde se tait. Ensemble ! appelle à se rassembler samedi prochain 16h Place Graslin à Nantes.

Le régime de Bachar al-Assad et ses alliés russe et iranien sont en train d’en finir avec Alep libre. Pour conquérir les quartiers Est et écraser la résistance ils déchaînent contre la population une sauvagerie sans limites : bombardements aériens massifs et permanents, missiles et gaz, barils d’explosifs… 

Alep sera rasée, si tel est le prix pour l’obliger à capituler ! 

Face au martyr infligé à la population, que font, que disent ladite Communauté internationale, les puissances occidentales, États-Unis en tête, et les puissances régionales ? Elles regardent ailleurs, soucieuses de leurs intérêts domestiques. L’ONU peut s’inquiéter du sort de dizaines de milliers de civils, dénoncer crimes de guerre et crimes contre l’humanité, en appeler à une aide humanitaire d’urgence pour porter secours aux enfants, aux blessé, aux vieillards… Ses appels résonnent dans le vide. 

Encore un qu’on n’a pas vu venir…., par Isaac Johsua

Brexit. Après le Brexit, Trump. Après Trump, Fillon. Encore un qu’on n’a pas vu venir. En 2012, lors de l’un de ses meetings électoraux, Hollande avait affirmé : « L’ennemi, c’est la finance », une formule qu’il s’était empressé d’oublier sitôt élu. De la même façon, lors de l’actuelle campagne électorale, Fillon pourrait résumer son propos en affirmant : « l’ennemi, c’est l’Etat ». 

Fillon veut un Etat portion congrue, qui couvre le minimum d’espace possible, en réglementant le moins possible, ce à quoi contribue, par exemple, la suppression de toute durée légale du travail ou un code du travail réduit à quelques feuillets. Il veut un Etat bon marché, qui dépense le moins possible (100 milliards de moins sur 5 ans) et coûte le moins possible (500 000 postes de fonctionnaires supprimés, des fonctionnaires qu’on fait travailler 39 heures). 

mardi 6 décembre 2016

Olivier Besancenot : « Les postiers sont entrés dans la phase France Telecom ». Entretien avec Clémentine Autain

Jeudi, c’est la grève à La Poste : une intersyndicale avec Sud et la CGT appelle à une journée nationale de mobilisation pour l’emploi et contre les réorganisations. Le postier le plus connu de France, Olivier Besancenot, fait le point sur l’état alarmant de La Poste.
 
De très nombreux bureaux de poste ferment leur porte un peu partout en France. 250 fermetures semblent prévues pour 2017. Comment en est-on arrivé là ?

C’est l’aboutissement du démantèlement du service public, des restructurations et réorganisations à La Poste depuis dix ans. Depuis 2004, 100.000 emplois ont été supprimés.

Jeux de massacre, par Noël Mamère

L’élection présidentielle est en train de dévorer ses prétendants. Après Cécile Duflot, Sarkozy, Juppé, remerciés sans ménagement, Hollande renonce donc à sauter l’obstacle de la primaire du parti socialiste, tétanisé par l’évidence d’une débâcle annoncée. 

Cet aveu de faiblesse, salué comme un acte de « lucidité », n’est pourtant que le constat d’échec politique de son calamiteux quinquennat. Pour s’affranchir de ses quelques promesses de campagne, le président « normal » a pratiqué la politique du pire en s‘émancipant de son électorat et de sa majorité, tout en ne satisfaisant jamais assez l’appétit insatiable des possédants. Telle est la seule et cruelle leçon de choses d’un mandat qui s’achève dans le renoncement et acte la fin d’une gauche de gouvernement qui nous rappelle les pires moments de la quatrième République, celle de Guy Mollet et de la SFIO. 

lundi 5 décembre 2016

Macron, la "revolution" dans la continuité, par Clémentine Autain

Candidat soliste à la présidentielle, Emmanuel Macron n’a pas de programme, mais il a écrit un livre : dans Révolution (sic), on saisit plus sa conformité à l’époque que les changements qu’il promet. Mais ne sous-estimons pas le pouvoir de sa rhétorique…

Honnêtement, le propos est bien emballé. Dans Révolution – rien que ça ! –, Emmanuel Macron livre sa vision politique. Ne nous y trompons pas : elle n’a ni la légèreté d’une bulle médiatique, ni la pesanteur convenue de l’énarchie. Macron en a sous le pied. Suffisamment pour bluffer. L’ancien ministre de l’Économie de l’ère Hollande tente de transformer une logique politique globalement conforme aux normes dominantes pour une "révolution" progressiste. Crédité autour de 15% dans les sondages, ses rouages argumentaires méritent d’être pris au sérieux.

samedi 3 décembre 2016

Le choix de l’insoumission, par Francine Bavay, Sergio Coronado,Patrick Farbiaz, Bénédicte Monville-De Cecco

A la veille de la réunion du Front commun à Montreuil, la Coopérative écologie sociale (dont sont notamment membres Francine Bavay, conseillère fédérale EELV, Sergio Coronado, député EELV des Français de l'étranger, Patrick Farbiaz, conseiller fédéral EELV, Bénédicte Monville-De Cecco, conseillère régionale d’Île de France EELV), profite de l’occasion pour «reposer au sein d’EELV, la question de l’opportunité d’une candidature écologiste à la présidentielle». 

La situation nouvelle dans laquelle nous nous trouvons depuis l’élection de Donald Trump et la désignation de François Fillon comme candidat de la droite et du centre nous oblige à réaffirmer les choix, finalement minoritaires, que nous avions portés lors du dernier Congrès d’EELV et alors même que les primaires de l’écologie viennent de s’achever. 

vendredi 2 décembre 2016

François Hollande : direction la sortie

Le renoncement de F. Hollande à se présenter à la prochaine présidentielle est le terrible aveu d'échec d'un quinquennat qui a floué les classes populaires. 

Le seul regret exprimé est celui de la déchéance de nationalité. Mais c'est loin du compte ! 

Il ne dit pas un mot sur la loi El Khomri et les millions de manifestants en lutte contre l'inversion des normes, les pouvoirs accrus des entreprises pour licencier, en lutte contre la destruction programmée du code du travail. « Victoire à la Pyrrhus » à coup de 49-3 et de violences policières. 

Après Hollande : l’heure de la responsabilité pour la gauche, par Roger Martelli (Mediapart.fr)

La décision de François Hollande rebat les cartes à gauche, comme elles ont été rebattues à droite par la désignation de François Fillon. L’aveu d’échec étant acté, reste à redonner à la gauche ses couleurs et une dynamique propre. 

Que la déclaration de François Hollande n’ait pas manqué de courage et de dignité est un fait. Elle n’estompe pas ce qui est évident depuis si longtemps : la politique suivie par l’exécutif depuis plus de quatre ans en a fait le président le plus mal aimé de la Ve République. 

Habile et tenace, l’homme n’a pas manqué d’utiliser toutes les ficelles pour pouvoir, à l’instar de tous les sortants, défendre lui-même son bilan. Il a usé des malheurs des divisions de la droite, des malheurs de la gauche. 

jeudi 1 décembre 2016

François Fillon, champion de la révolution conservatrice, par Ensemble !

Les primaires de la droite ont permis, par la victoire surprise et écrasante de François Fillon, que s’affirme une droite belliqueuse. Ancrée à ce qu’elle juge être les « valeurs » de la France dans leur version la plus traditionaliste – fidélité à la famille modèle conservateur, patrie en bandoulière, catholicisme ostentatoire, « travail » punitif…-, cette droite croit que, pour enrayer le prétendu « déclin national » » et « redresser la France », il suffira d’imposer une brutale thérapie ultralibérale. 

Pour les salariés l’obligation de travailler plus et de gagner moins, pour tous une baisse drastique des budgets sociaux, la suppression de 500 000 emplois de fonctionnaires, une amputation des services publics et de de la Sécurité sociale avec l’objectif de privatiser la protection sociale… 

mercredi 30 novembre 2016

Notre-Dame-des-Landes : mobilisation des paysannes et paysans de Copain le 2 décembre 2016

Le rassemblement paysan du 10 novembre pour entourer de nos Tracteurs Vigilants la ferme de Brigitte, Sylvain et Justin Fresneau a été une réussite (150 tracteurs et plus de 500 personnes). 

La menace d'une tentative de début de travaux est des plus forte pour les jours et semaines à venir. Nous ne pouvons accepter que le gouvernement ne respecte pas le code de l'environnement et les loi sur l'eau et les espèces protégées. 

Aujourd'hui, construire un aéroport à NDDL est illégal car l'aménagement de l'aéroport actuel est une alternative tout à fait viable au long terme. Il est de notre devoir d'empêcher la destruction des terres nourricières de la Zad et l'expulsion de ceux qui la font vivre. 

Lundi 12 décembre, soirée de solidarité avec l’écrivaine turque Asli Erdogan

Asli Erdogan a été arrêtée par la police turque le 16 août dernier. Elle est incarcérée depuis à la prison Barkirköy d’Istanbul pour le motif d’« appartenance à une organisation terroriste ». Elle risque la réclusion à perpétuité. Son procès est fixé au 29 décembre. 

Journaliste à «Ozgun Gundem» qui vient d’être interdit, féministe, scientifique, romancière, femme de liberté, elle ne cesse de promouvoir dans ses écrits la liberté et la démocratie et de combattre toutes les oppressions. 

Ses chroniques littéraires — qui lui ont valu d’être arrêtée — seront publiées en janvier 2017 sous le titre « Le silence même n’est plus à toi ». 

Alep assassinée, par Francis Sitel

Le régime de Bachar al-Assad et ses alliés russe et iranien sont en train d'en finir avec Alep libre. Pour conquérir les quartiers Est et écraser la résistance ils déchaînent contre la population une sauvagerie sans limites : bombardements aériens massifs et permanents, missiles et gaz, barils d'explosifs... 

Alep sera rasée, si tel est le prix pour l'obliger à capituler ! 

Face au martyr infligé à la population, que font, que disent ladite Communauté internationale, les puissances occidentales, États-Unis en tête, et les puissances régionales ? Elles regardent ailleurs, soucieuses de leurs intérêts domestiques. 

Notre-Dame-des-Landes: vers un clash avec l’Europe, par Jade Lindgaard (Médiapart.fr)

À un mois d'un vote capital pour la suite du projet d’aéroport du Grand Ouest, un rapport signale l’incapacité de la France, à ce stade, de répondre à la mise en demeure de la Commission européenne lancée dès avril 2014.

Après le rejet des recours des opposants par la cour administrative d’appel, il ne reste plus qu’un obstacle institutionnel de taille sur la route de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes : la Commission européenne. En avril 2014, elle a ouvert une procédure d’infraction contre la France pour non-respect des réglementations européennes sur l’évaluation environnementale des projets d’aménagement. Pour Bruxelles, les pouvoirs publics auraient dû évaluer « les effets synergiques et les impacts cumulés de l’ensemble des infrastructures du projet d’aéroport », conformément à la directive de 2001 sur l’évaluation des incidences des plans et programmes sur l’environnement.